Opération Piles à quai : « une pile non ramassée dans un port c’est une pile qui finit dans l’eau »

Depuis le 10 mai 2018, 5 ports bretons sont équipés d’une quarantaine de collecteurs pour que les plaisanciers puissent y déposer leurs piles et batteries usagées. Une opération pilote née d’un partenariat entre Screlec-Batribox et la Région Bretagne. Si elle fonctionne, cette initiative pourrait s’étendre à tous les ports nationaux. Rencontre avec Thierry Burlot, Vice-Président du Conseil Régional de Bretagne à l’environnement, l’eau, la biodiversité et le climat pour discuter des tenants et aboutissants de cette mission inédite.

 

Pouvez-vous expliquer la pertinence de la sensibilisation au recyclage des piles et batteries dans le domaine de la plaisance nautique ?

Je voudrais d’abord rappeler que la Région Bretagne partage cette ambition nationale de considérer le déchet comme une ressource. En Bretagne, nous disposons de 2 700 km de littoraux, avec une activité portuaire très importante. Nous avons mené en juin 2017 une première mission pilote pour récupérer des fusées de détresse.

Cette campagne inédite a connu un grand succès avec 24 tonnes de fusées collectées au lieu des 7 à 8 tonnes envisagées initialement, dépassant la quantité collectée au niveau national sur une année ! Nous nous sommes ainsi rendu compte que nous sous-estimions la gestion des déchets dans les endroits où il y a beaucoup de passage. En second point : les navigateurs utilisent de plus en plus d’appareils électriques ou électroniques pour la navigation, la communication ou l’éclairage. Le secteur de la plaisance est devenu un consommateur important de piles, d’accumulateurs et de batteries portables, sans pour autant que les ports soient organisés pour collecter ces déchets spécifiques.

 

Quelle est l’origine de l’ « Opération Piles à Quai » et comment s’est-elle mise en place ?

C’est Screlec-Batribox qui nous a sollicité avec cette idée de collecte expérimentale des piles usagées dans les ports. Nous nous sommes accordés pour conduire dans un premier temps l’expérience dans 5 ports, Screlec-Batribox s’occupant d’équiper les ports des collecteurs Batribox et nous de la promotion. Depuis, Screlec-Batribox a installé plusieurs équipements adaptés à chaque port. L’opération semble porter ses fruits puisque nous en sommes à 40 points de collecte aujourd’hui.

 

En quoi ce partenariat avec Screlec-Batribox est-il important pour vous ? Cette action favorise-t-elle l’intégration de l’éco-organisme au service des politiques régionales ?

Cela fait du bien de travailler avec des éco-organismes volontaires et engagés en matière d’écologie. Car oui, je trouve que certains ne le sont pas suffisamment. Ce partenariat est important car Screlec-Batribox a offert à la Bretagne une solution clé en main à cette problématique spécifique qu’est la récupération des matières.

L’autre raison, c’est que je suis convaincu qu’il faut aller chercher le déchet là où les gens s’amusent. On doit interpeller au quotidien le citoyen pour qu’il prenne conscience de la fragilité de notre planète. Pour y parvenir, on doit le surprendre constamment.. En ce sens, le partenariat avec Screlec-Batribox est très original et dynamique. J’espère que les résultats seront à la hauteur car une pile non ramassée dans un port c’est une pile qui finit dans l’eau.

 

Pensez-vous à d’autres étapes/perspectives en cas de succès de la collecte au sein de ces 5 ports ? Quel élargissement envisagez-vous pour les années à venir ? 

Je sais que le but de Screlec-Batribox, à travers cette expérience, est de voir si celle-ci peut être généralisée au niveau national, en métropole et dans les DOM. Un premier bilan est prévu en automne mais à la Région, nous souhaitons pérenniser ce projet et l’étendre aux 73 ports de Bretagne. On peut même aller plus loin et imaginer couvrir le canal de Nantes à Brest dans les années à venir.

 

5 ports bretons

 

 

 

 

 

 

 

Photo portrait Thierry Burlot © Emmanuel Pain – CRB

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